L'aérodrome d'Aspres. Historique...

 

camp d'aviation d'Aspres


Situé sur un plateau, il offre un superbe panorama surplombant sur les alentours. Composé de deux pistes en croix, il permet à tous appareils de voler en fonction de leurs goûts et possibilités.

Le site a été adopté par les vélivoles par la suite et les années 60-80 ont vu son adoption par beaucoup de clubs étrangers...

 

Stage 07 1983  P1010163

 

 

 

L'aérodrome d'Aspres-sur-Buëch existe depuis le début des années trente.

(Deux historiques plus complets ci dessous que vous pouvez nous aider à approfondir si vous possédez des éléments photographiques ou des récits)

 

Plan de pistes

1933-1936

1933 levasseur pl 7 de la 7 b 1 du bearn a

1936 annuaire066


1968

1968 cr hs067

1968 clementel m

 

1977

Aspres 1977
 


1979

Article3 1979

Article3b 1979

 

1983

Stage 2

Stat gva 83

 

 

 

  Historique Aérodrome d’Aspres sur Buëch  
(par J.Chevallier. 2003)

 

- Sur une plate-forme naturelle morainique de 81 Ha / altitude 820 à 830 m (60 m au dessus vallée). Dont 16 ha utilisables : une bande N/S de 950 x 80 m, et une bande NO/SE de 650 x 120 m.

- Le terrain appartient à l’état. Gestionnaire délégué : le Conseil Général des Hautes-Alpes depuis le 1/01/2003. (NdA : Conseil Général devenu Conseil Départemental en 2015)

- Une grande partie (41 ha) a été vendue en 1930 par la mairie d’Aspres au ministère de la guerre (82.663 F) pour y construire un terrain militaire

- L’armée a construit en 1932 le grand hangar mais très vite, il ne fut plus considéré que comme terrain éventuel de secours (les agriculteurs ayant cédé leurs terres se sont plaints de cet abandon !..)

- Pendant la guerre, l’occupant l’a quelque peu fortifié (traces encore des postes de mitrailleuses) mais l’a délaissé pour l’aéronautique.

- Les armées de libération, lors de leur progression, lui préférèrent (brièvement) le petit plateau de La Bâtie, devant le Château.

- Après la guerre, une activité civile d’aviation légère reprit, animée de temps à autre par un club d’Avignon. L’armée, toujours propriétaire, y effectuant parfois des manœuvres.

 Au début des années 60, le centre de Vol à Voile de St Auban y effectuait des stages d’été : construction d’un petit dortoir et d’un bloc sanitaire sans eau courante (une partie subsiste entre le vieux hangar et le nouveau à portes jaunes). Ses planeurs y étaient stockés, notamment tous les Breguet 901 pendant le temps de leur interdiction de vol.

- Le re-démarrage est venu en 1968 quand des clubs parisiens de Buno et le club de Grenoble y organisèrent des stages en Juillet et Août auxquels se joignirent à partir de 1970 le club Allemand de Fribourg et le club Suisse AFG de Zurich Puis le club de Valence et celui du Mans.

- Ces clubs se groupèrent en association le GVA (Groupement de Vélivoles d’Aspres) pour une meilleure coordination dans l’organisation des stages et la gestion des moyens techniques (essence, remorqueurs , hébergements prêtés par l’armée…). Le terrain pu ainsi accueillir des vélivoles Anglais, Belges et Hollandais

- Au début, Le Chevalet n’avait aucun équipement autre que le grand hangar ancien (longtemps occupé par les 901 de St Auban) le camping était sauvage et spartiate, pas d’eau, pas d’électricité.

- La municipalité d’Aspres sur Buëch construisit en 72 puis 73, deux petits hangars (transformés depuis : le marron et le bleu, de part et d’autre de l’IUT) pour abriter les planeurs en bois et toile à l’époque. Ainsi qu’un point d’eau, une pompe à essence et l’électricité (acteur : Raoul Malaterre )

- En 1980, une initiative locale créa un club pour prolonger sur l’année la dynamique créée par les les stagiaires extérieurs, ce fut l’A.V.V.B. (Association des Vélivoles de la Vallée du Buëch). elle développa des infrastructures (eau vers une aire de camping sommaire) et devint référant pour l’organisation des stages

- En 1992 et 94, sur décision politique, des investissement lourds furent entrepris : bar-restaurant, tour, piscine, camping 3, bungalows, 2 hangars, atelier, salle de cours, chambres… Et un centre permanent créé en remplacement du club local qui émigra à Tallard (C.P.I.A.). Mais l’activité principalement saisonnières n’en permis pas la rentabilité ni l’amortissement, et le CPIA ferma au bout de 4 ans, et un groupe de bénévoles essaie, encore aujourd’hui, d’en appurer les dettes. L’activité ne s’en remet pas et n’est plus que les 2/5 de celle des années 70-80

- Une antenne de l’IUT d’aéronautique de Tallard, est installée pour ses stages d’application (2 mois / an) dans le bâtiment à étage et le hangar bleu.

 

1937

1933 levasseur pl 7 de la 7 b 1 du ba arn b

Levasseur PL7

 

1940

Dgac aspres059

 

1957

1957 vue aero

 

1968

1968 le parc061

1980

1980 3191

2006

Dsc03173

 

2015

Aspres 11

 

2016
 

Img 0615

 

2017

Aspres733

 

 

Histoire d'ASPRES sur BUECH (selon Jean Reymond)

 

Selon l’Atlas Historique des Terrains d’Aviation édité par la DGAC, le terrain de l’Armée de l’Air d’Aspres sur Buech fit son apparition en octobre 1933 avec une surface atterrissable de 350 x250 m ; l’information est confirmée par le Bulletin de la Navigation Aérienne.

Aménagé à peu de frais par l’Etat, il fut utilisé par la chasse, la reconnaissance, les bombardiers-autogyres et l’aviation de tourisme.

Les avions Levasseur PL7 de l’escadrille 7B1 du porte-avions Béarn basés à Hyères, faisaient un aller-retour dans la journée pour venir s’entrainer sur ce porte-avions terrestre que constituait le plateau du Chevalet dominant de 80 m les vallées environnantes.

Ces Levasseur PL7 étaient des bombardiers torpilleurs triplaces embarqués équipés d’un moteur Hispano de 600 Cv. Avec un poids à vide de 3 800 Kg, ils croisaient à 170 Km/h.

En 1936 le terrain d’Aspres apparait dans l’annuaire aéronautique de l’année avec la mention : station service et hangar sous la rubrique de l’A-C du Dauphiné ;

En 1937 l’emprise du terrain reste inchangée et ce n’est qu’en 1939 que l’aire d’atterrissage passe à 1000 x 500 m avec l’aménagement d’une route d’accès et la construction d’une aire de stationnement près des installations de carburants. L’avis de l’administration des domaines jugeant quatre fois trop élevé le prix demandé par la commune pour cette faible acquisition, aucune autre opération foncière importante ne complétera en 1939 l’emprise des 81 ha constitué dès l’origine (voir carte).

En 1941 il est cédé à titre de bail à ferme et labouré. En 1942, les troupes d’occupation italiennes, le trouvant peut-être insuffisamment labouré recommencent et font sauter la soute à essence.

En 1947 le terrain est fermé à la circulation aérienne publique par arrêté ministériel du 6 Février en raison de son mauvais état, mais il n’en est pas moins utilisé, dès la même année, par le centre de vol sans moteur de St Auban.

Ce n’est qu’en octobre 1951 qu’Aspres rejoindra la liste des aérodromes ouverts aux appareils lents et légers après que deux bandes en V de 950 et 600m y eussent été aménagées. La surface nécessaire à ces deux bandes n’étant que d’une trentaine d’hectares, il sera un moment envisagé de remettre le surplus aux Domaines en vue de son aliénation. Ce dégraissage sera toutefois finalement jugé non judicieux compte tenu de la faible valeur agricole du terrain et surtout en raison du fait qu’il était utilisé par le centre de St Auban qui avait besoin de beaucoup plus d’espace qu’il n’en eût fallu pour le vol motorisé.

En 1952 l’hebdomadaire « Les Ailes » dans son n° 1404 annonce la création de l’Aéro-Club de la Vallée du Buëch. Ses membres peuvent utiliser les planeurs du Centre National de St Auban qui utilise la plateforme pour certains de ses stages. Les dirigeants du club, en accord avec le SALS et le Centre de St Auban, envisagent de créer un centre inter-clubs de vol à voile. Plusieurs clubs sont intéressés dont l’AC d’Avignon qui a délégué MM Bourreau et Echavel pour étudier sur place les possibilités pratiques d’organisation. D’autres clubs se sont manifestés comme Montélimar, Orange, Valence, Avignon, Gap et d’autres plus éloignés .Les contacts sont à prendre avec M. Lucien Echavel le secrétaire de l’AC d’Avignon à l’aérodrome de Chateaublanc ou avec M. Poujol président de l’AC d’Aspres sur Buëch.

Le premier déplacement du Centre national de St. Auban à Aspres eut lieu pendant l’été 1952 avec Laffargues moniteur qui s’installa avec une petite équipe de stagiaires. Ce n’était qu’un premier contact et, faute de disposer de matériel de perfo, la situation ne fut pas exploitée au maximum.

Pendant plusieurs année le plateau resta livré à sa solitude ; un berger installa ses mangeoires sur le terrain et logea ses moutons dans le hangar ; Mais la bise, pas encore le Mistral, emporta la barraque en bois et une partie du hangar. Le hangar fut réparé et servit d’entrepôt pour St. Auban ; de temps à autre des séances de baptêmes de l’air furent organisées.

En août 1957, M ; Gasnier, chef de centre à St. Auban, organisa deux stages de huit jours à Aspres. Bernard Schneider qui faisait partie du premier stage fut agréablement surpris par la rusticité de l’endroit. Les mangeoires des moutons occupaient une partie du terrain, la lavande et les chardons bleus poussaient sur la piste et pas d’installations. «  Les stagiaires logeaient dans la salle de la Justice de paix obligeamment prêtée par le maire, et le buste de Marianne, coiffé par précaution d’un casque de pilote de réacteur, présidait à notre sommeil….et aux bagarres à coup de polochons. Le matin les moniteurs venaient paternellement vous réveiller pour une cure d’eau ferrugineuse de St. Pierre d’Argenson et on se lavait les dents à la fontaine où les vaches venaient boire et le mouvement imprévu d’une queue de cheval venait parfois mettre le dernier brin à la toilette ».

Les stagiaires furent séduits par ce terrain, bien que le temps ne fût guère favorable. En effet, nous y rencontrâmes le Mistral, tant attendu à St. Auban mais qui, à Aspres, interdit tout décollage. La piste est courte et se trouve en plein rabattant de la pente du bois des Apôtres qui borde le terrain au nord de ses 600m de dénivellation ; Si le vent tourne un peu vers l’ouest, il est parfois possible de travailler sur la pente Nord-sud du bois des Apôtres ou vers Mont Saint Loup qui longe la cuvette d’Aspres vers l’ouest, mais il est rare que l’on puisse quitter les abords du terrain.. Deux pilotes, toutefois, purent accrocher la base d’un système ondulatoire au dessus des sources de la Drôme mais ils plafonnèrent rapidement dans du zéro. Par contre, les rotors, non matérialisées étaient bien en place.

1958 : A l’issue des championnats du monde de 1956 on a souvent opposé les pilotes de plaine aux pilotes de montagne. Pour remédier aux possibles lacunes des concurrents, le SFASA organisa en janvier 1958 un stage réservé aux pilotes de première série à St Aban. Mais l’expérience et les tactiques dans les reliefs dépassant 2 000m ne peuvent être étudiées que depuis un terrain comme Aspres. La limite climatique Alpes du nord-Alpes du sud est proche allant de Roche Courbe à Barcelonnette en passant par le col du Rousset, de la Croix Haute et du Col Bayard.

Un stage eu lieu en juillet avec quelques casses car la région est mal pavée. En août B. Schneider retrouve la même équipe qu’en 1957. Le confort avait grandement augmenté : les restes de la baraque en bois étaient remplacés par une maisonnette en dur de deux pièces : un dortoir salle à manger pour les stagiaires et une chambre bureau pour les deux moniteurs et le mécanicien. Les stagiaires précédents avaient repiqué les lavandes le long de la maisonnette et empierré le hangar. Un camion citerne fournissait l’eau courante et un tonneau métallique peint en noir chauffait au soleil et, chaque soir, alimentait en eau tiède une douche installée dans un ancien abri souterrain ; Un groupe électrogène procurait de l’électricité pour l’éclairage et la charge des batteries.

Le centre de St. Auban avait bien fait les choses et pour deux moniteurs, Mrs Rousselet et Réal, un mécanicien, Rousselet, il y avait deux camionnettes Citroën, une remorque, une B2, un Stampe, un MS 502, un Air 100, trois Bréguet 901 et un Bréguet 904. Ce matériel ne chôma pas car le temps s’était mis de la partie et à part deux jours de vent nord, la brise de vallée vint chaque jour souffler sur le bois des Apôtres où les remorqueurs larguaient les planeurs à mi-pente. En vol de pente et en thermodynamique on essayait alors d’atteindre 1 800m pour quitter la pente et raccrocher sur la cote 1524 au nord de Veynes, puis par le Chergaie et la tête d’Ere, venir attaquer à mi-hauteur la grande falaise du Pic de Bure qui permettait, ensuite de faire le tour du circuit local par Oule, Aujour ou de rejoindre le massif du Pelvoux .

Le 18 août la brise sud se transforma en un vent assez violent qui se leva dès l’aube. Le ciel était traversé de nuages d’onde et de bancs d’alto-cumulus flocus. Plusieurs planeurs réussirent à trouver la transition entre la pente, le thermodynamique et l’onde et s’avancèrent jusqu’à la montagne de Châbre. Ils perdirent toutefois trop de temps et arrivèrent soit au mauvais endroit, soit au mauvais moment et ne dépassèrent pas 4 000m. Le soir, Brunswick, parti de St. Auban, passait à 4 000m au dessus d’Aspres à bord d’un Javelot et se posait à Grenoble.

Durant ces stages à Aspres des parcours en triangle furent réalisés et 5 000 km parcourus sans incident. Les sommets les plus fréquemment survolés furent le Pic de Bure, le Mont –Genèvre, les Trois-Evêchés, le Champsaur et le Pelvoux, le Mont Viso et la chaine du Parpaillon.

1959

Une annonce parue dans « Les Ailes » le 6 juin informe les pilotes que la plateforme d’Aspres, annexe de St. Auban sera prête à fonctionner durant la période juin-juillet-août 1959. Un deuxième bâtiment comprenant dortoir et bloc sanitaire a été terminé fin mai. Il est rappelé que ce terrain est utilisé dans la formule « camp de vol à voile », pour huit à dix stagiaires. Le coût du logement au terrain et le repas du soir à l’hôtel du Parc : 850 F/ jour. Le matériel mis en place sera le suivant : un Breguet 904, deux Breguet 901, deux Air 102, un Javelot et un Morane 502 remorqueur, auxquels s’ajoutera une voiture radio. Le personnel détaché de St. Auban sera composé de deux moniteurs et d’un mécanicien.

Les conditions d’admission à Aspres sont les suivantes : obtenir une convocation en stage du SFATAT, être titulaire de l’insigne d’or, avoir effectué 300 h de planeur, et au moins un stage à St. Auban dans les deux dernières années.

Le stage de juillet a permis de parcourir 4 784 km en 47 circuits et 254 heures de vol ; à lui tout seul le Bréguet 904 a effectué 1 587 km en 10 vols et 42 heures de vol.

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